Feb 172013
 

Sand DuneJe me suis plongé dans le classique épique de science-fiction ‘Dune’ pour la seconde fois de ma vie. L’histoire m’a touché à différents niveaux, d’une manière plus profonde que lorsque je l’ai lu pour la première fois il y a dix ou quinze ans. A l’époque j’étais concentré sur l’aventure alors que maintenant ma dimension préférée est spirituelle. Voici quelques perles choisies :

L’esprit commande le corps et il obéit. L’esprit se donne des ordres à lui-même et rencontre une résistance.

Qu’une pensée soit verbalisée ou pas c’est une chose réelle et elle a des pouvoirs de réalité.

La peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Il est impossible de vivre dans le passé, difficile de vivre dans le présent et un gâchis de vivre dans le futur.

Muad’Dib apprit rapidement car son premier apprentissage fut comment apprendre. Et la première de toutes les leçons fut d’avoir confiance qu’il pouvait apprendre.

Toute route suivie précisément jusqu’à sa fin mène précisément nulle part.

Toute chose en dehors de vous, vous la pouvez voir et y appliquer votre logique. Mais la nature humaine fait que lorsque nous rencontrons des problèmes personnels, ces choses les plus profondément intimes sont les plus difficiles à exposer au faisceau de notre logique. Nous avons tendance à piétiner autour, à rendre responsable tout sauf la vraie chose enfouie au-dedans qui en réalité nous dévore.

Le saule se soumet au vent et prospère jusqu’au jour où il est une multitude de saules – un mur contre le vent.

Le mystère de la vie n’est pas un problème à résoudre mais une réalité à vivre.

Sans le changement quelque chose dort en nous qui rarement se réveille. Le dormeur doit se réveiller.

 

Extraits de ‘Dune’ par Frank Herbert
Traduction française par Cédric

Nov 082012
 

Quand j’ai regardé pour la première fois « La Matrice » en 1999 j’étais tellement fasciné que quand le générique apparut je ne pouvais croire que le film était terminé. J’en voulais encore. Au fil des années, ayant profité de ce chef d’œuvre à plusieurs reprises, j’ai appris à en apprécier une autre dimension. Même si je ne pense pas que nous soyons des esclaves des machines (quoique certains jours j’aie des doutes), je crois qu’une chose telle que la Matrice existe, au moins conceptuellement. Malheureusement, pour paraphraser Morpheus, je ne peux pas vous dire ce qu’est la Matrice : il faut que vous le découvriez par vous-mêmes. En attendant voici mes citations préférées extraites du film :

La Matrice est universelle. Elle est omniprésente. Elle est avec nous ici, en ce moment même. Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre, ou lorsque tu allumes la télévision. Tu ressens sa présence, quand tu pars au travail, quand tu vas à l’église, ou quand tu paies tes factures. Elle est le monde, qu’on superpose à ton regard pour t’empêcher de voir la vérité.

As-tu déjà fait ces rêves qui semblent plus vrais que la réalité ? Si tu étais incapable de sortir d’un de ces rêves ? Comment ferais tu la différence entre le monde du rêve et le monde réel ?

Comment définir le réel ? Ce que tu ressens, vois, goûtes ou respires, ne sont rien que des impulsions électriques interprétées par ton cerveau.

Je n’ai pas dit que ce serait facile. J’ai dit que ce serait la vérité.

On n’est pas le meilleur quand on le croit, mais quand on le sait.

Arrête d’essayer de me frapper, frappe moi !

Libère toi de tout, oublie la peur, le doute et la vraisemblance, libère ton esprit.

Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin.

N’essaie pas de tordre la cuillère car c’est impossible. Tu dois essayer de te concentrer pour faire éclater la vérité : la cuillère n’existe pas. Et là tu sauras que la seule chose qui se plie ce n’est pas la cuillère, c’est seulement ton reflet.

Oct 142012
 

Récemment je me suis replongé avec délectation dans l’œuvre si originale de Daniel Pennac, son monde farfelu et attachant, et ses personnages plus vrais que nature.

Voici quelques unes de mes pensées préférées issues des trois premiers livres de la saga de Benjamin Malaussène : « Au Bonheur des Ogres », « La Fée Carabine » et « La Petite Marchande de Prose ».

Un ivrogne, ça raconte n’importe quoi, surtout la vérité.

On croit qu’on amène son chien pisser midi et soir. Grave erreur : ce sont les chiens qui nous invitent deux fois par jour à la méditation.

Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l’enchaînement des questions.

Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n’est qu’un rêve de prédateur.

Etre libre, c’est d’abord être libéré du besoin de comprendre.

La mémoire, c’est l’imagination à l’envers.

Si vous voulez vraiment rêver, réveillez-vous…

Mais il y a pire que l’imprévu, ce sont les certitudes !

Quand la vie ne tient qu’à un fil, c’est fou le prix du fil !

Les mots, comme les armes, partent parfois tout seuls.

Si vous ne connaissez pas le monde de Pennac, je vous le recommande chaudement. Et si vous y avez déjà goûté, pourquoi ne pas en reprendre une assiette ?

Cédric

Sep 232012
 

Dans ce livre un maître archer enseigne à un jeune apprenti, et ses leçons vont bien au delà du tir à l’arc. Voici quelques uns de mes passages préférés :

Qu’est-ce qu’un maître ? Je dirais que ce n’est pas quelqu’un qui enseigne quelque chose, mais quelqu’un qui inspire l’élève à faire de son mieux pour découvrir un savoir qu’il a déjà dans son âme.

Joins-toi à tous ceux qui expérimentent, prennent des risques, tombent, se blessent et puis prennent plus de risques. Reste loin de ceux qui affirment des vérités, qui critiquent ceux qui ne pensent pas comme eux, des gens qui n’ont jamais fait un pas sans être sûrs qu’ils en seraient respectés, et qui préfèrent les certitudes aux doutes.

Si tu ne prends jamais de risques, tu ne saurais jamais ce que tu as besoin de changer.

Tout comme la flèche cherche la cible, la cible aussi cherche la flèche, car c’est la flèche qui donne du sens à son existence ; elle n’est plus un bout de papier ; pour un archer, elle est le centre du monde.

L’intention d’un homme devrait être parfaite : droite, pointue, précise. Personne ne peut l’arrêter alors qu’elle franchit l’espace qui la sépare de sa destinée.

Après avoir atteint ton objectif, tu dois recommencer, toujours en utilisant tout ce que tu as appris en chemin.

Extraits de « The Way of the Bow » par Paulo Coelho

(Traduction française par Cédric)

Aug 202012
 

En lisant ce chef d’œuvre pour la énième fois je ne peux m’empêcher de partager ces quelques perles de sagesse:

 

Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c’est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications.

C’est véritablement utile puisque c’est joli.

Le langage est source de malentendus.

Ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puits quelque part.

On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

 

Citations extraites du livre “Le Petit Prince” par Antoine de Saint Exupéry.

Aug 062012
 

Cela fait deux semaines que nous sommes revenus d’une année d’aventures nomades sur les routes d’Amérique Latine pour retrouver une vie sédentaire à San Francisco. Peu importe où nous allons et à qui nous parlons, une seule question est sur toutes les lèvres: « Ça fait quoi d’être de retour ? »

Ma réponse honnête est que je suis ravi. J’aime San Francisco avec ses rues en pente et ses maisons de guingois, ses gens pleins de vie, de couleur et de gentillesse, ses parcs secrets et son climat mystérieux. A peine quelques jours après notre atterrissage j’étais au dojo pour donner une grande accolade venant du cœur à ma Maîtresse de karaté et reprendre mon entraînement en arts martiaux. Il n’y a aucun autre endroit au monde où je préfèrerais vivre qu’à San Francisco.

Pourtant quelque chose ne va pas.

Le calme a disparu. Le cerveau a pris le dessus. Je vis dans un monde de listes de choses à faire. Trouver un logement, emménager, acheter des meubles, trouver une voiture, et puis surtout : gagner de l’argent. Penser, s’inquiéter, chercher, planifier, faire – et recommencer.

Quand nous voyagions au travers de montagnes grandioses dans la cordillère des Andes ou de plaines à perte de vue en Patagonie mon monde était net et précis, plein de soleil et de couleurs éclatantes. Maintenant il est couvert d’un épais manteau de brouillard, comme San Francisco par un matin d’été. En regardant par la fenêtre de notre petite bicoque perchée sur une colline, je sais qu’il y a des maisons, des rues, et même un océan à proximité mais tout ce que mes yeux perçoivent est un flou cotonneux.

Ce brouillard c’est la voix dans ma tête qui parle constamment du passé et du futur, le flot incessant de pensées qui remplit le temps et l’espace jusqu’à ce que le présent n’existe plus.

C’est un truc du cerveau, une illusion optique.

Lentement des silhouettes apparaissent, d’abord des ombres fantomatiques puis des formes, de plus en plus nettes. Comme le vent souffle le brouillard recule telle une portion géante de barbe à papa étirée jusqu’à s’effilocher. Bientôt un morceau de ciel bleu apparaît, suivi de maisons, de rues, de collines, d’arbres, puis des eaux bleues-vertes de la baie de San Francisco.

Je respire profondément et apprécie l’air qui entre dans mes poumons, remplissant d’énergie chaque cellule de mon corps, revigorant mon âme. Les pensées rapetissent et disparaissent dans ma tête alors que je quitte le passé et le futur pour me concentrer sur ce qui se passe à cet instant. Pas de problèmes, pas de soucis, pas de stress, juste de la conscience.

Le brouillard mental a disparu. Le calme prend sa place. De nouveau le monde est éclatant et coloré.

 

Cédric, le 5 août 2012